Imperator: Rome

Bannière Imperator Rome

Deux ans après la dernière sortie d’un jeu Paradox Interactive : Stellaris et Hearts of Iron 4, le studio suédois nous propose enfin un nouveau jeu : Imperator: Rome. Ce n’est pas le premier jeu sur l’antiquité réalisé par le studio, mais le précèdent était plutôt un standalone d’Europa Universalis 3.
Imperator: Rome est donc à considérer comme un jeu à part entière du catalogue de Paradox Interactive.

Imperator: Rome est un jeu nous propulsant en pleine Antiquité avec une possibilité annoncée de jouer pratiquement 400 factions différentes sur une carte allant du Nord de l’Europe (Nord de l’actuel Allemagne, une partie de la Scandinavie), en passant par la Gaule et l’Espagne, le contour Méditerranéen jusqu’au territoire Indien. Bien sûr, ce type de proposition est une particularité propre de tout jeu Paradox Interactive, pouvoir jouer dans un contexte historique n’importe quels pays, factions. Il est donc normal de retrouver dans ce jeu la possibilité de jouer Rome comme Carthage ou une satrapie perdue de Perse.
Le jeu débute autour de 304 avant JC, soit 450 après la fondation de Rome, à la fin de la Seconde guerre Samnite, guerre installant Rome comme une puissance régionale forte de la botte Italienne. Pendant ce temps là, en Grèce et en Asie, l’Empire d’Alexandre le Grand a été divisé entre les diadoques qui se livrent de multiples conflits.

Une carte immense pour 400 factions possibles

Faire un choix est donc difficile pour commencer sa partie, même s’il est conseillé de débuter avec Rome pour découvrir le jeu. En effet, ce dernier vous tendra très peu la main. Le tutoriel, est une campagne simplifiée à réaliser avec Rome, où cette dernière a reçu de nombreux boosts.
Cependant, le didacticiel se limite simplement à de la lecture de menus, de tooltips etc. A aucun moment, le jeu vous indiquera le bouton à appuyer pour changer de politique, interagir avec un état voisin.
L’intérêt est donc vite limité pour le tutoriel et très vite, vous passerez sur une partie classique, car autant apprendre sur une partie non truquée.

Le jeu vous propose donc un choix important de factions sur une carte immense, cependant une proposition de six factions est faite par le jeu : Rome, Carthage, la Macédoine, L’Egypte, la Phrygie et l’Empire Séleucide.
L’avantage de choisir l’une de ces factions est de pouvoir bénéficier d’événements en début de partie qui vont apporter des objectifs à court terme, afin de lui venir en aide. Par exemple, avec Rome, très vite vous allez recevoir un événement vous créant des revendications sur différentes parties de l’Italie, Carthage et même l’Illyrie.

Un jeu assez classique

La carte d’Imperator Rome est magnifique

Nous voilà donc lancés dans notre première partie et on peut déjà dire que la carte est magnifique, détaillée, proposant un large choix de filtres, que vous utiliserez régulièrement. Toutefois, petit détail mais qui, je pense est important, le choix des couleurs entre factions voisines n’est pas pensé pour les daltoniens. En effet, aucune option d’accessibilité n’est proposée pour améliorer ça et parfois, j’ai eu du mal à discerner les frontières entre deux factions.

La couleur du territoire Sabin est presque identique que celui de Rome

Mais revenons sur le jeu. L’ensemble de la carte est divisé en multiples régions, divisées en provinces, divisées en cité. Une cité est l’élément de carte le plus petit, avec sa population (divisée en quatre types), ses bâtiments et une ressource pour le commerce.
Quelque soit le départ choisi, vous allez tout faire pour étendre vos frontières, vous protégez de vos voisins, évitez les conflits internes tout en contrôlant de nombreuses provinces.

La carte des provinces d’Imperator: Rome.

Pour cela, vous allez devoir gérer de nombreux éléments (foi, commerce, armées etc) en utilisant toutes les fonctionnalités proposées par le jeu car Imperator: Rome est bien un jeu de Grande Stratégie de Paradox Interactive ! Ces derniers réutilise des concepts mit en place depuis Europa Universalis pour vous faire vivre cette expérience de contrôler votre Empire. Vous n’êtes pas un général dirigeant une armée sur le champ de bataille mais bien le dirigeant de votre nation qui devra utiliser tous les outils pour réaliser vos objectifs au travers des siècles.
On n’est donc pas surprit de retrouver de nombreuses ressources à gérer : Or, Effectifs, Puissance Militaire, Puissance Religieuse, Puissance Civique et Puissance Oratoire. Chacune permettant de gérer différents points de votre faction. De nombreux éléments vous aideront pour vous procurer ces ressources : des taxes pour récolter de l’or, des événements aléatoires avec différentes récompenses ou les caractéristiques des personnages. La gestion des personnages est un élément important du jeu bien que moins que sur Crusader Kings 2, mais nous en parlerons plus loin dans le test.

Les différentes ressources dans Imperator: Rome

Revenons aux ressources qui sont simplement indiquées sur le haut de l’interface: chacune va vous permettre de réaliser vos différentes actions de gestion et de plusieurs façons. Ainsi, le stock d’or, généré par un excédent de vos revenus, classique mais simple à comprendre, sera utilisé pour recruter des troupes, construire des bâtiments ou encore interagir avec d’autres factions ou personnages.
L’effectif (ou les recrues) est utilisé pour la formation d’unités mais aussi pour le renouvellement des troupes perdues aux combats. Un ensemble complexe influence sur l’évolution du « stock » de recrues : bâtiments, ressources, bonheur etc.
Les quatre ressources de puissance serviront surtout à prendre des décisions diplomatiques, technologiques, économiques, politiques etc. Par exemple, ouvrir une route de commerce va vous demander des points de Puissance Civique (ainsi qu’un emplacement de route libre), fabriquer une revendication sur le territoire d’un voisin devra se faire en dépensant de la Puissance Oratoire.
Vous gagnerez ces ressources grâce à votre dirigeant ainsi qu’en respectant le choix de doctrine imposé par votre régime politique.  Une fois le choix réalisé parmi une liste de trois par type de doctrines en début de partie, un bonus de concordance est appliqué à votre faction.

Rome est une République Aristocratique, ce régime permet d’avoir deux doctrines Militaire et une Oratoire.

Avant de passer aux Personnages, parlons des dernières ressources dont je n’ai pas encore parlé mais aussi présente sur le haut de l’interface : la Stabilité, l’Expansion Agressive et la Tyrannie.
Il ne s’agit pas réellement de ressources stockables mais plutôt de différentes valeurs qui vont influencer votre partie. Ainsi la Stabilité est une valeur se déplaçant entre -3 et 3. Plus vous allez vers le -3, plus votre faction va recevoir de malus et inversement plus vous monter vers + 3, plus elle va recevoir de bonus. Ce système provient de la série Europa Universalis.
L’Expansion Agressive elle, va influencer vos relations avec vos voisins et une Tyrannie élevée risque de faire baisser la loyauté de vos généraux et gouverneur augmentant le risque de Guerre Civile. Il s’agit donc de valeurs à savoir gérer pour éviter une catastrophe.

Plus vous allez réaliser de conquêtes, plus votre expansion agressive et tyrannie vont augmenter. Il faut donc gérer correctement cet élément de gameplay qui est les conquêtes. Attention, bien que la guerre soit la principale façon d’étendre ses frontières, vous influencez très peu sur celle ci. Une fois, la guerre déclarée, vos armées préparées avec la nomination à leur tête d’un général, il suffit de déplacer vos troupes sur le territoire ennemie.
Les batailles se réalisent donc automatiquement après quelques jours de jeux, sans que vous puissiez  les influencer. Votre travail est d’assurer la survie de vos armées, non de les diriger au combat.
Toutefois, petit ajout intéressant, vous pouvez indiquer des formations de combats ainsi que des politiques d’engagement, influençant ainsi les batailles selon la composition des armées.

Les troupes romaines envahissent le territoire étrusque.

Les Personnages : un élément important du gameplay

La particularité d’Imperator: Rome est la gestion des personnages durant votre partie. Chaque personnage va bénéficier de caractéristiques propres, qui évolueront selon les événements de la partie ou ses traits. Certains auront aussi des ambitions comme devenir gouverneur, ou former un royaume.
Vous trouverez si dessous, une fiche de personnage. Tout de suite vous remarquez, que cette fiche aussi foisonne d’informations.

Une feuille de personnage dans Imperator : Rome

En effet, une personnalité dispose donc de caractéristiques permettant d’influencer différents éléments de gameplay. Nous retrouvons quatre attributs correspondant aux quatre types de Pouvoirs. Ces valeurs influencent, par exemple si le personnage est le consul (ou dirigeant pour autre gouvernement), le gain mensuel de points de pouvoir. (Si le consul a 5 en martial, la moitié sera ajouté au gain mensuel de Pouvoir Militaire). C’est aussi grâce à ces caractéristiques qu’on choisi les membres du gouvernement, qui vont influencer une fois en poste plusieurs éléments (gain d’effectif, réduction corruption, taux de recherche etc).
Ensuite, chaque personnalité va avoir quatre autres caractéristiques qui influenceront leur relation avec les autres personnages : popularité, prééminence, corruption et loyauté.
On se retrouve donc avec une partie liée au personnage très complet et intéressant, sachant que nous n’avons pas parlé du système de famille. Car oui, chaque personnage est associé à une famille ou clan selon le type de faction choisi, aillant chacun des relations entre eux.

Comme vous pouvez le voir, Imperator: Rome propose un contenu important, mêlant de nombreuses mécaniques et nous pourrions passer encore beaucoup de temps à tout détailler. Cependant de nombreux défauts sont à noter et à mettre en avant.

Mais la déception arrive

En effet, après plusieurs heures de jeu, on remarque très vite que Paradox Interactive, propose comme à son habitude un jeu de Grande Stratégie riche en détails, mais malheureusement toujours avec les mêmes défauts.
On passe son temps à chercher dans l’interface le bouton qu’on veut utiliser et même si parfois, on a plusieurs possibilités pour faire une action, (par exemple recruter une troupe peut se faire depuis une cité, depuis une armée ou depuis l’interface de production) la navigation est contre intuitive. On peut accepter cette succession de menus pour leurs premiers jeux mais aujourd’hui en 2019, il serait temps que Paradox Interactive se modernise. Même une simple barre de recherche, pourtant obligatoire quand on se retrouve avec une liste impressionnante de personnalités dans une faction, est absente, rendant la recherche lente, fastidieuse.

Navigation dans une interface, encore une fois, cassée suite à des bugs de mise en place de la traduction Française. Comment comprendre ce qu’on lit avec des morceaux de codes qui apparaissent dans les phrases ?
Oui, les traductions françaises ont toujours étaient loupées mais maintenant qu’un traducteur officiel est présent, c’est une honte de ne pas prendre le temps d’intégrer le travail de cette personne, qui pour montrer son travail est obligé de publier un mod sur le Workshop Steam car aucun patch n’est pour le moment prévu pour corriger ce problème.

Tous ces éléments rendent le jeu presque inaccessible pour un nouveau joueur et aujourd’hui Paradox Interactive ne devrait plus chercher à plaire qu’à sa communauté.
Avec ce ridicule didacticiel, une personne découvrant les jeux Paradox Interactive via Imperator: Rome serait totalement perdue. Et même pour les habitués la prise en main reste laborieuse.

Je terminerai sur le côté historique, comme à son habitude Paradox Interactive a créé un jeu de Grande Stratégie se déroulant et surtout s’inspirant d’une époque historique précise. Mais leurs jeux n’ont jamais été, surtout à leur sortie, des simulations de l’histoire. Et Imperator Rome est dans la même ligné. Dès que vous lancez la partie, l’histoire n’est plus respecté et heureusement dans un sens. Par contre, le minimum est de proposer au joueur la possibilité de découvrir une période en respectant de nombreux éléments historiques et géographiques, ce qui n’est pas encore le cas. Par exemple, Rome ne dispose que d’un Consul et non deux. C’est bien annoncé pour un futur patch, mais pourquoi ce n’est pas présent dès la sortie du jeu. Dès la conception du jeu, ce fait est connu, difficile de comprendre pourquoi ce n’est pas intégré de base.
La géographie et le placement des peuples est parfois totalement à côté de la réalité surtout dans les régions moins connues comme les Alpes.

Les Plus

– L’une des cartes les plus jolis réalisée par Paradox Interactive
– Toute la partie liée aux personnages apporte de la profondeur au jeu
– Un contenu riche permettant de nombreuses heures de jeux

Les Moins

– Encore aujourd’hui une traduction française cassée
– Une interface qui vieillit et encore plus lourde à utiliser
– Respect historique en second plan

Appréciation globale

Pour conclure ce test, Imperator: Rome n’est pas un mauvais jeu, mais encore une fois Paradox Interactive nous propose pour la sortie un jeu non complet sans réelle révolution mais avec une bonne base de gameplay. De nombreuses fonctionnalités intéressantes sont intégrées au jeu.

Toutefois la prise en main sera laborieuse pour la plupart des joueurs et encore une fois, nous devons attendre soit un patch soit le travail des moddeurs pour améliorer le jeu car pour le moment notre expérience est gâché par divers bugs ou lourdeur de son gameplay.


pbpb