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- Le NetMagazine des jeux video de stratégie 

Europa 1400

Créé le : 3/10/2003
Edition du : 5/10/2003
Auteur : Stjohn

 

Développeur

4Head Studios

Editeur

Jowood

Site officiel

En Anglais

Type

Gestion 3D

Prix public

45 €

Démo

 n/a

Multijoueur

 oui

Configuration

PII 400 Mhz

128 Mo RAM
750 Mo DD
Carte Graph 3D 32 Mo

Mise à jour

Patch 1.05 Beta 3 (Français)

Les plus

- Un jeu innovant, mêlant gestion, économie et RPG

- Gameplay très riche

- Peu gourmant en ressources système

Les moins

- Trop de bugs pour être commercialisé sans patch !
- Un peu juste graphiquement
- Pas de campagne/scénario

Note JS(/20)

11
(avec le dernier patch)
15
(potentiellement, si les bugs sont corrigés)

Europa 1400 : Les Marchands du Moyen-Age est un de ces rares jeux à jouer la carte de l’innovation, en mêlant la gestion d’entreprise, la lutte pour le pouvoir politique et un côté RPG. Quant derrière cette bonne initiative se trouve des graphismes correct pour le genre (tout l’univers étant en 3D) et une jouabilité plutôt bien pensée, on se dit qu’il doit y avoir anguille sous roche. Bien vu, la version commercialisée en France était tout simplement … injouable, puisqu’elle « plantait » systématiquement après 5 minutes de jeu.  La rage !

 

Un patch ! Un patch !

 

Bien évidemment, les messages des francophones sur les forums de l'éditeur (www.jowood.com) n’ont pas tardé, et enfin un premier patch est disponible pour corriger pas mal des différents problèmes de la version de base. La version française à l’heure où est publiée cet article au même niveau que les autres versions du jeu, c’est à dire tout juste acceptable, car le jeu plante encore assez régulièrement.

Mais bon, le staff de Jowood travaille dessus et semble à l’écoute des bugs rapportés par les joueurs. Gageons que d’ici un ou deux mois, le jeu sera dépouillé de tous ces « petits » problèmes.

 

Malgré cela : du bon, du riche …

 

Comme je l’annonçais en introduction, Europa 1400 vaut tout de même le coup de se battre pour le faire tourner. L’action se déroule de l’an … 1400 (bravo ;) ) à l’an 1600 dans le Moyen-Age européen.

 

 

La première étape consiste à choisir votre ville de départ (Paris, Londres, Berlin, Madrid ou Milan), puis de choisir le métier de vos parents. En fonction de ces derniers, vous serez plus ou moins talentueux dans un des 5 talents (Négociation, Artisanat, Combat, Rhétorique et Discrétion). Si par exemple votre père est clerc et votre mère poétesse, vos talents en Rhétorique seront élevés. Chacun de ces talents entraînant bien sûr divers avantages plus ou moins utile selon votre carrière, la réthorique servant par exemple à discréditer publiquement quelqu'un ou à sympathiser plus facilement avec des personnes influentes.

La dernière étape consiste à choisir votre métier. Chaque métier modifie totalement votre manière d’aborder la partie : choisirez-vous d’être voleur pour envoyer vos hommes cambrioler de riches maisons, poser des bombes ou kidnapper un membre influent de l’état ? Ou préférez-vous faire carrière dans une brasserie, en espérant devenir le lieu de rendez-vous des personnes bien en vue et de les faire jouer à votre table de dés ? Ou encore clerc, vous permettant de vendre des indulgences aux personnes ayant fautés, ou de faire un sermon très critique contre votre principal concurrent ? Vous le voyez, les possibilités de jeu ne manquent pas, surtout qu’il faudra veiller à ce que vos employés travaillent dans de bonnes conditions et soit productifs.

La plupart des métiers vous entraîneront au cœur même de l’économie de marché locale de l’époque : si vous être menuisier, vous serez soumis au variation du prix de votre matière première, c’est à dire en majorité du bois (hêtre, chêne et pin) et de la demande pour vos accessoires de luxe. A vous de bien surveiller les prix au marché de la ville pour fabriquer les bons produits !

Autre aspect intéressant : quel que soit votre métier, tous les produits finis ou semi-finis fabriqués sont « utiles ». Certain vous donneront des bonus temporaires, d’autres définitifs pour votre carrière.

 

 

 

 

De plus, vous commencez la partie en bas de l’échelle sociale « bourgeoise », c’est à dire en tant que Gentilhomme/Gente Dame avec un petit pécule déjà en poche, et avec une petite entreprise bien à vous installée dans la ville. Parallèlement au développement de votre commerce, c’est votre carrière personnelle qu’il va falloir gérer ! Ainsi, si vous ne voulez pas que la partie s’arrête avec la mort de votre personnages, il va falloir faire la cour à un partenaire et vous marier et même éduquer vos enfants (en l’envoyant à l’école, en lui achetant des jouets pour développer ses talents …) .

Vous pouvez également faire une carrière politique, en gravissant les nombreux échelons jusqu’à être souverain. Chaque poste que vous parviendrez à occuper vous donnerez un salaire supplémentaire de charge et d’autres avantages. Par exemple, un juge sera immunisé contre les plaintes portées contre lui, un maire pourra ordonner la construction de nouveau bâtiment dans la ville en fonction du trésor public, et le trésorier pourra justement tenter de détourner des fonds du trésor.

 

Ce n’est là qu’un tout petit aperçu de la richesse de ce soft, car je n’ai pas parlé des combats en duel, de l’espionnage, des complots pour forcer la destitution d’un membre influent de la ville, des attaques à main armé, des emprisonnements …

 

Un peu trop ?

 

Cette profondeur de jeu entraîne bien évidemment quelques petits défauts. Tout d’abord, certaines phases de jeu sont d’une réalisation moins bonne que d’autres. C’est le cas des duels, qui se limitent à choisir entre tirer, éviter la balle ou provoquer l’adversaire. De même, les attaques de convois de marchandises tentent d’imiter les jeux de stratégie tour par tour, sans bien sûr y arriver.

De plus, le nombre d’aspects différents à gérer pourra en décourager certains, surtout si vous tenez à vous occuper jusqu’au bout de votre commerce et de votre vie politique. La solution est, une fois votre entreprise bien installée, d’engager un maître artisant qui gérera (moyennant finances bien sûr) à votre place votre établissement.

Le didacticiel permettra toutefois même aux plus néophytes d’entre vous de bien comprendre les bases du jeu. Hyper didactique, il n’est pas spécialement agréable à jouer mais la voix narrative entièrement en français l’accompagnant vous permettra de maîtriser sans effort l’interface.

Autre point négatif : il n’existe pas de mode campagne. Vous fixez vous même le niveau de difficulté et l’objectif à atteindre (lui aussi classé par niveau de difficulté). Une fois celui-ci accompli, vous pourrez continuer la partie avec un nouvel objectif plus difficile. D’un point de vue durée de vie, il faudra souvent quelques dizaines d’heures pour réussir les quêtes les plus difficiles. L’absence de scénario historique est en partie compensée par les nombreux et assez complet rappels « historiques » à la fin de chaque saison de jeu.

 

Techniquement

 

Comme annoncé dans l’introduction, le moteur 3D du jeu est tout à fait correct. La vue extérieure de la ville fait certes pensée à un jeu datant d’il y a 2 ou 3 ans, mais l’ensemble reste agréable, avec quelques effets sympathiques comme les intempéries ou les incendies. Les vues de l’intérieur des bâtiments sont quant à eux plutôt bien réalisés, avec suffisamment de détails sans être surchargés, le tout accompagnés de quelques effets de lumières plaisants. Largement suffisant pour un jeu orienté gestion.

Les thèmes musicaux proposés collent très bien à l’ambiance d’époque, proposant par exemple des musiques de cathédrale si vous avez choisit la voie ecclésiastique. De même, les voix en français rythmant les évènements du jeu sont excellents, bien qu’un peu répétitif pour les plus fréquents d’entre eux.

Question jouabilité, et même après avoir finit le didacticiel, il faudra compter encore quelques heures de jeu pour être bien familiarisé avec toutes les options disponibles.

A noter également que le jeu tourne parfaitement sur un P II 400 Mhz avec une carte graphique 32 Mo de base.

 

 

 

 

Œuvre inachevée …

 

Comme vous pouvez le constatez, le nombre de points positifs dépasse largement les points négatifs. Mais les plantages à répétitions de la version commerciale de base, et la médiocrité du premier patch disponible ne permettent pas de jouer dans des conditions acceptables.  

Il serait toutefois bien dommage de l’enterrer, un seul patch corrigeant les derniers bugs peut faire de ce jeu innovant une pièce de choix dans votre ludothèque de jeux de gestion historique.

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