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Songe d'un monde lointain... par le_conteur : Partie 1.8



Créé le : 20/1/2003
Edition du : 28/1/2003
Auteur : RayonDelta

Et le Ragnarok fut invoqué

Je finis par me relever.
Hercule reculait, ses hommes mouraient par dizaine, le tunnel infernal était désormais hors d’atteinte. Chercher à le détruire serait pure folie et entraînerait notre perte à tous.

Désormais je comprenais ce qu’hurlait le prophète.
Il suppliait Hercule de faire reculer ces troupes, de préserver les quelques hommes encore vivant de cette quête inaccessible. Le tunnel ne serait pas détruit.

Une nouvelle fois nous nous regroupions autour d’Hercule. Cette dernière charge avait fini de décimer le reste de nos troupes, nous n’étions plus qu’une poignée face à la toute puissance des légions d’archers et de Cyclopes.
Puis le ciel s’obscurcit, d’immense éclairs le zébrèrent en tout sens et un vent glacial se leva. Dans l’attente d’une nouvelle malédiction divine, nous levions tous les yeux au ciel et attendions, résignés, le coup fatal.
Pourtant, ce n’est pas du ciel que vient l’ennemi, mais du sol.
Hadès, dans son infinie bonté, avait décidé d’en finir une foi pour toutes avec notre misérable armée. C’est en personne qu’il se matérialisa sur-le-champ de bataille. En sa présence le ciel se couvra et le sol vomit les âmes tombées sous ses ordres.
Invisible à nos yeux, grâce à son casque magique, sa présence était indiscutable, tant nous sentions sa haine et sa colère. L’angoisse dans nos rangs était palpable, une peur indescriptible s’insinuait en nous.
Puis les âmes maudites des soldats qui lui avaient juré allégeance se relevèrent des limbes ou elles attendaient les ordres de leurs dieux. Appartenir à l’armée d’Hadès avait un coup, la damnation éternelle.
Ce sont des milliers d’ombres qui surgirent de terre, l’armée d’Hadès venait de doubler en un instant.

Nous regardions, incrédules, se masser devant nous une incroyable armada. Hercule, les yeux écarquillés en laissa tomber son épée, le prophète venait de faire deux pas en arrière. Nous étions tous sous le choc, la fin allait être plus rapide que prévu, rapide mais surtout douloureuse.
Chacun déglutit avec peine, mourir sous les griffes de ces fantômes démoniaques n’avait rien de réjouissant, c’était même écœurant. Une nouvelle fois, des idées suicidaires commencèrent à circuler parmi nous. Le prophète frappa alors son bâton sur le sol et dit :
- Silence ! Fils de Balder approchez !
Une centaine de fier guerrier nordique se regroupèrent autour du Prophète, cette troupe hétéroclite était composée de Géants nordiques, d’Ulfsarks, de cavaliers et de lanceurs de hache. Bien qu’impressionnante, elle serait balayée en quelques instants face aux armées d’Hadès.
Le prophète prit Hercule par l’épaule et lui dit :
- Hercule, lorsque je te le dirais, tu prendras ton cor et sonneras à plein poumon le retrait vers la plage et nos bateaux. Avec nos hommes, tu coureras, sans jamais te retourner, sans écouter le terrible mot que je vais devoir prononcer. Et si la providence nous sourie certains d’entre nous partiront sain et sauf de cet enfer.
Hercule ne comprit pas toutes les paroles du sage, mais la situation était désespéré et si ce vieil homme pouvait les faire fuir sans qu’ils soient tous abattus, il fallait en profiter.
Hercule regarda le prophète droit dans les yeux. Il y lut une peine incommensurable. Quelle serait le prix à payer pour cette chance de fuite ?
- Sonne le rappel Hercule !
Hercule attrapa son cor, et de toutes ses forces ordonna le retrait. Et c’est en courant que nous fuyons, tout en courant, Hercule continuait à faire sonner son cor. Le Prophète frappa alors à nouveau son bâton sur le sol et dit :
- Que les dieux pardonne ce que je m’apprête à faire !
Puis il inspira profondément et hurla à plein poumon :
- RAGNAROK !
Les scandinaves autour du Prophète se figèrent, l’appel avait été lancé plus rien n’avait d’importance. Le dernier combat avait été ordonné, ce qui allait suivre serait un carnage sans nom. Aucun n’en sortiraient vivant mais tel en était le prix.
Une nouvelle fois le Prophète hurla :
- RAGNAROK !
Mais déjà, les Scandinaves couraient sur l’ennemi, un feu sacré brûlait désormais en eux. Les Cyclopes de premières lignes sourirent en voyant la charge des nordiques, ce furent ceux qui moururent les premiers. Les premières lignes de l’armée d’Hadès furent piétinées, massacrées.
Plusieurs flèches dans le corps, un bras en moins les Scandinaves continuaient à frapper et à avancer. La puissance de leur charge enfonça profondément les lignes ennemies, plusieurs centaines de cadavres tapissaient le sol conquit. Certains prétendent même que plusieurs géants des montagnes atteignirent le tunnel et finirent leur combat en enfer, sur les propres terres d’Hadès.
L’impossible avait été réalisé, et le temps gagné par le sacrifice de ces héros permis au reste de l’armée de Zeus de s’enfuir vers la plage. Leurs sacrifices n’avaient pas été vains.

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