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Songe d'un monde lointain... par le_conteur : Partie 1.9



Créé le : 20/1/2003
Edition du : 28/1/2003
Auteur : RayonDelta

La fuite

Nous courions vers un hypothétique salut, cette plage qui avait été le lieu de notre débarquement, le début de tout ce calvaire. Nous étions arrivés fier, heureux de venir défendre une noble cause. Notre victoire ne faisait aucun doute, la lutte serait acharnée certe mais Zeus était à nos coté, nous ne pouvions être vaincus, et pourtant...
Bien vite nous comprîmes que cette armée montée à la hâte, ne ferait pas le poids face aux légions d’Hadès. Même les contingents de mercenaires venu du Nord en renfort ne parviendraient qu’à nous donner un maigre sursit.

Bien souvent durant cette guerre j’avais couru, mais jamais à l’opposer de l’ennemi. C’était la première fois que nous fuyons, nous courions tous à perdre haleine dans l’espoir d’atteindre un navire et de quitter vivant cette terre de malheur, ou des milliers de nos frères avaient trouvé la mort.

Cette retraite, que dis-je ! !
Cette débâcle n’avait rien de glorieuse, mais tel était le prix de notre survit. Les flèches fusaient de toutes part, tout en courant, je me déhanchais pour attacher mon bouclier sur le dos. A peine fut’il en place que 2 flèches se plantèrent dessus.

Comme moi, nous étions plusieurs centaines à courir vers la plage. Le prophète avait réussit à se hisser sur un char à bœuf, et entouré de plusieurs soldats nordiques, la chevelure blonde aux vents nous arrivions tous en vue de la plage.

Comme ceux avant moi, et ceux qui arrivèrent après nous stoppions notre course à la lisière de la plage. Le sable était couvert des corps de nos compagnons laissés en retrait pour garder les navires. Une nouvelle fois, Hadès avait une longueur d’avance sur nous et une de ses armées nous faisait face, les bateaux nous étaient désormais inaccessibles.

Nous étions pris au piège, nous avions sur nos talons le gros des troupes ennemis et devant nous s’étalait une armée que nous aurions du mal à vaincre. La tenaille d’Hadès allait se refermer, et aucun d’entre nous n’y survivrait.
Hercule empoigna à nouveau son cor et sonna la charge. Cette charge serait la dernière, nous en étions tous conscient, soit nous passions, soit nous mourrions.

Nos adversaires nous attendaient de pied ferme, ils savaient leurs renforts proches, la victoire cette fois-ci serait totale.
Dans un vacarme assourdissant de coup et de cris nous nous jetâmes dans la bataille. Hachant, coupant, broyant, étranglant à main nue nous avancions. Nous étions couverts de sang, mais les bateaux n’étaient plus qu’à quelques mètres, l’espoir était permis.
Nous étions vivants, en piteux état, mais vivant. L’armée d’Hadès nous avait rattrapés et ses hordes d’archers avaient déjà pris position sur les hauteurs. Désormais, une averse continue de flèches s’abattait sur nous, et comme si cela ne suffisait pas une nouvelle malédiction nous frappa. 6 Colosses de métal venaient de se matérialiser entre nous et les bateaux.
L’armée d’Hadès chargea, quelque soit l’endroit ou je portais mon regard, des ennemis chargeaient. Nous étions si peu désormais et ils étaient innombrables, même la fuite nous était impossible. Une nouvelle fois, la fin était proche.
Hercule regarda avec dégoût les Colosses approchés, levant son épée il hurla :
- Hésphaïstos, salle traître, tu le payeras de ta vie !
Nous étions désarmés, face à ces montagnes de métal, seul Hercule était en mesure de les combattre et cela il l’avait bien comprit.
De notre coté, nous nous préparions à contenir la charge ennemie, sans beaucoup de conviction on forma une ligne face au torrent de soldats qui emporterait tout sur son passage.
Hercule frappait de toutes ses forces, pourtant il vit deux colosses se retourner et partir en direction des bateaux. Avec horreur il comprit ce qui allait suivre, les colosses allaient systématiquement coulé les navires et par la même occasion signée leur arrêt de mort.
Hercule emboucha de nouveau son cor, en nous retournant vers lui on constata impuissant à la destruction de notre seul moyen de fuite.
Hercule plia le genou et supplia :
- Dionysos, mon frère viens à mon aide !

Et contre toute attente Dionysos intervient, notre peau se changea en bronze, une vingtaine d’Hydres vint renforcer nos rangs et deux Scyllas se jetèrent sur les colosses dans l’eau.
Grâce à cette aide inespérée nos rangs ne furent pas balayés par la charge adverse. Cette peau de bronze, nous protégea autant des flèches ennemies que des attaques aux corps à corps. Les Hydres, plongeaient sans cesse leur tête dans les rangs ennemis, et bientôt leurs têtes se multiplièrent, rendant chaque animal aussi redoutable qu’un bataillon.
La bataille fut farouche, mais rien ne tarissait le flot continu de nos ennemis, et nos rangs s’affaiblissaient. Les Scyllas avaient succombé au coup des colosses et plus rien ne protégeait désormais nos navires.
Héra invoqua un Carcinos, qui entraîna un colosse dans les fonds marins. Le dernier colosse reprit son sinistre ouvrage et d’un coup d’épée coula deux autres trirèmes.

Petit à petit, notre peau reprit son aspect habituel et par la même occasion sa fragilité. La moitié des nôtres gisaient mort sur cette plage. Hercule, comme nous tous, était couvert de plaies. Nous ne pouvions tourner le dos à nos ennemis sous peine d’être abattu dans la foulé, mais nous ne pouvions laisser le colosse couler nos navires sans réagir. Il ne restait plus que 4 navires encore sur l’eau.
Des quelques téméraires qui tentèrent de courir vers les trirèmes encore intactes, la plupart furent criblés de flèches avant même d’y parvenir, les autres se noyèrent entre les jambes du colosse.

Nous étions pris au piège, Hercule leva son épée et implora :
- Zeus ! Mon père. Sauve ceux qui ont combattu pour toi, sauve ton armée !

Zeus apparut en personne. Voyant notre dieu intervenir nous jetions nos armes et courrions vers les trois navires encore intacts. Devant notre fuite, l’armée d’Hadès repris l’offensive et nous poursuivit dans l’eau.
Zeus pointa son doigt sur le dernier colosse et un immense éclair blanc en jaillit. Le colosse fut détruit instantanément, mais l’éclair ne s’arrêta pas là, il se répandit sur la mer et foudroya les troupes d’Hadès qui nous avaient suivit dans l’eau. Voyant les premières lignes grillées, l’armée d’Hadès stoppa et nous laissa atteindre les navires et prendre la mer.

Trois trirèmes avec et un peu moins de 400 soldats réussirent à quitter vivant les plages de Grèce. Sur l’un des ces navires se trouvait Hercule, il partit vers l’Est et on ne le revit jamais. Sur un autre navire se trouvait le Prophète, il prit à l’Ouest et vécu de nombreuses aventures avant qu’on ne le retrouve sur les plages d’Egypte.
Il s’avèra que je réussis à monter sur le dernier trirème, et nous connurent aussi de nombreuses aventures avant d’atteindre les plages d’Egypte.

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